1 Non aux expulsions en raison de l'origine ethnique !
Les expulsions de Roms sont l’exemple inquiétant d’une discrimination ethnique.
2 Non aux Français de seconde zone !
En prévoyant la déchéance possible de nationalité pour les Français « de papier » et non ceux « de souche », ce projet de loi crée de fait deux catégories de Français traités différemment.
3 Non à la présomption de culpabilité !
Avec ce projet de loi, les enfants d’étrangers nés en France devront prouver leur innocence pour devenir français à 18 ans.
4 Non à la condamnation pénale du fait d’autrui !
Avec ce que propose la majorité parlementaire, les parents pourront être condamnés pénalement du fait des actes de leurs enfants. Si ce n’est toi, c’est donc ton fils… !
5 Non à la généralisation des peines plancher !
Avec ce projet de loi, des peines automatiques pourront être appliquées dès la première infraction.
6 Non aux campagnes électorales pour choisir les juges !
Avec ce que propose le ministre de l'Intérieur, des campagnes électorales permettront de choisir les juges d’application des peines et les présidents de tribunaux correctionnels.
7 Non à l’atteinte au droit d’asile !
En rendant désormais les zones d’attente des migrants indéfiniment extensibles, ce projet de loi compromet gravement le droit d’asile.
8 Non à la remise en cause du droit à la santé pour les migrants
En supprimant la possibilité de se faire soigner aux migrants sans papiers, ce projet de loi mettra en danger les étrangers malades et portera atteinte à la santé publique.
9 Non à la stigmatisation des pauvres et des Gens du voyage !
Expulsions des étrangers, répression de la mendicité, habitants des bidonvilles et des squats jetés à la rue, Stigmatisation des gens du voyage, pénalisation des parents en difficulté…
10 Non à l’amalgame immigration–délinquance repris de l'extrême droite !
Après le 4 septembre, nous appelons:
> à combattre toutes les mesures qui portent atteinte aux droits et aux libertés,
> à participer aux actions locales et nationales
contre la xénophobie d'Etat
et en particulier aux
rassemblements et manifestations du
16 octobre contre le projet de loi Besson

Projets et propositions de loi «Besson», «Hortefeux», «Ciotti»...
Des paroles aux lois : 10 bonnes raisons de dire NON !
www.nonalapolitiquedupilori.org
La colonisation économique en procès
finalement et après verifications ............
Un collectifs d’associations porte plainte contre l’entreprise israélienne Agrexco : des produits agricoles importés en France estampillés « Israël » proviennent en
grande partie des territoires occupés.
S’appuyer sur le droit économique pour soutenir les droits de l’homme en Palestine. Tel est le pari fait par six associations françaises /[1]/ qui ont annoncé, le
15 septembre, leur intention de porter plainte en référé le 20 octobre au tribunal de commerce de Créteil contre la société israélienne agroalimentaire Agrexco. Toutes membres de la Coalition contre Agrexco /[2]/, ces organisations espèrent démontrer que les
traités de coopération économique, accordant une détaxe aux importations israéliennes sur le sol européen, ne peuvent s’appliquer aux produits en provenance des territoires occupés de Palestine.
Une plainte qualifiée d’« insupportable » par l’ambassade d’Israël, « convaincue que la justice française ne donnera pas suite ». Pour l’heure, c’est devant cette justice que l’importateur
devrait justifier de l’origine israélienne de ses produits. Or, en vertu des accords signés entre l’Europe et Tel-Aviv depuis 1995, les frontières de 1949
font foi. Au moment où le moratoire sur le gel de la colonisation vient de prendre fin, la question est au cœur de cet imbroglio économico-politique.
Le 25 février dernier, dans un litige opposant les douanes allemandes à la société germanique Brita, importatrice de produits des colonies, la Cour européenne de
justice a reconnu que l’ensemble des certificats des produits commercialisés sous label « made in Israël » étaient établis par les autorités sans distinction entre territoires occupés ou sol
national. Une « divergence d’interprétation sur le champ d’application territorial de l’accord », selon les termes de la Commission européenne, génératrice de fraudes massives, qui n’a cependant
pas empêché le renforcement des relations commerciales avec Israël lors de la présidence française de l’Union et ce, en dépit de l’avis rendu en 2002 par le Parlement européen.
Depuis 2005, les textes de Bruxelles précisent que « les produits obtenus dans les territoires placés sous administration
israélienne depuis 1967 n’ouvrent pas le bénéfice du régime [de détaxe] préférentiel ». Des injonctions restées lettre morte. Pour la députée européenne des Verts Nicole Kiil-Nielsen, « la
dissimulation des exportations agricoles d’Agrexco n’est pas un phénomène isolé ». Selon le directeur d’Agrexco Royaume-Uni, 70 % de ses exportations
viendraient des colonies israéliennes en Cisjordanie. « Si Israël maintenait son refus de marquer les produits des colonies, toutes les exportations israéliennes vers l’Europe pourraient
être taxées », déclarait Dov Weisglass, conseiller de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, dans le quotidien Haaretz du 5 septembre 2009. Pour l’avocat des associations, Gilles Devers, il
s’agirait d’« une atteinte considérable à la colonisation qui n’est plus rien sans son équilibre économique ».
Appendice économique de la politique coloniale d’Israël (le ministère de l’Agriculture en détient 50 %), la société
agroalimentaire Agrexco est l’un des plus grands groupes d’exportation de « primeurs » dans le monde. Pour la Confédération paysanne, « au vu de ses
faibles charges et des subventions de l’État israélien qu’elle reçoit », il y a concurrence déloyale. Nicolas Duntze, chargé du dossier pour le syndicat et paysan dans le Gard, rappelle «
la situation d’extrême précarité des paysans palestiniens déchus de leurs terres et condamnés à des conditions salariales indignes ». Dans un courrier daté du 11 août, adressé aux élus des
conseils généraux et du conseil régional du Languedoc-Roussillon et resté sans réponse, la Confédération paysanne dénonce également « ces produits
maraîchers et fruitiers directement en concurrence avec les productions languedociennes ». Du dumping social exercé par la même société des deux côtés de la Méditerranée. Selon
l’exploitant gardois, « l’omerta continue sur ce dossier ». Car à Sète, port économiquement sinistré, l’instigateur du projet, le président de Région Georges Frêche, s’est assuré le soutien d’une
partie de la population en promettant des créations d’emplois. Pour Nicolas Duntze, « il faut remettre de la politique dans l’économie […]. On ne peut pas faire n’importe quoi sous ce prétexte-là
».
Autre nouveauté juridique : la transposition en droit français de textes de la Cour pénale internationale. Depuis le 9 août
2010, l’article 461-26 du code pénal définit le « crime de colonisation ». Cette loi, qui prévoit notamment les notions de « complicité » et de « culpabilité des personnes morales », dès lors que
leur siège social se situe en France, pourrait, selon Me Devers, « permettre de déposer des plaintes contre les entreprises qui soutiennent la colonisation en offrant un débouché à ces
produits ». Voire contraindre les enseignes à les retirer de leurs rayons. « S’il y a violation du droit, il y a une logique : faisons le procès ! »
*Notes*
/[1]/ Confédération paysanne, Cimade, Union juive française pour la paix (UJFP), Campagne civile pour la protection du peuple palestinien, International Solidarity
Movement France et Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine.
/[2]/ La Coalition contre Agrexco est née début 2009 de l’opposition d’une dizaine d’associations à l’implantation de la société israélienne sur le port de Sète.
Elle en regroupe aujourd’hui une centaine, dont des syndicats et des partis politiques.
Histoire de nom :
La dispersion, au cours de l'Histoire, des Tsiganes dans toute l'Europe a donné naissance à des appellations différentes selon les lieux ; chaque état à incorporé à sa langue une terminologie spéciale pour les designer.
En France depuis le XVI°siècles se sont les bohémiens mais, à partir di XIX° le terme générique est : Tzigane.«Tsiganes» (du grec athyinganis, «ceux qui ne touchent pas», à cause de leur façon de saluer) est le terme historique pour désigner ces populations qui, à partir de l'Empire byzantin, ont essaimé dès le Moyen-âge dans toute l'Europe.
En Camargue et en Andalousie, on parle de Gitans. Le terme est une déformation d'«Egyptiens» car les Roms y sont arrivés en provenance de la Grèce byzantine, alors connue sous le nom de «Petite Egypte». En anglais, «Gitan» a donné «Gypsie».
Les Tsiganes qui ont vécu dans les pays germanophones sont appelés Manouches, tandis que les Sintis sont installés en Italie. À noter enfin les termes Romanichels (de «romani cel», «groupe d'hommes») et Bohémiens, qui désigne les Tsiganes venus de Bohême, région historique d'Europe centrale. Ces derniers termes ont pris avec le temps des connotations péjoratives.
L'appellation «gens du voyage» est purement administrative. L'administration française, dont la tradition républicaine rejette les classifications ethniques, a adopté en 1969 cette périphrase (apparue à la fin du XIXe siècle), qui remplace alors officiellement l'appellation «Nomades» adoptée en 1912. Ce statut qualifie les populations qui résident habituellement en abri mobile terrestre (caravane, mobil home).
Le nom «Roms»(«homme» en romani) désigne au départ le groupe tsigane majoritaire, fixé en Europe orientale (Roumanie, Bulgarie, ex-Yougoslavie). Avec le temps, il a fini par devenir un terme générique, synonyme de Tsiganes
Les 10 millions de roms forment la plus grande communauté diasporique d’Europe. 80%de Roms sont sédentaires depuis le 16°siècle.
. En 1971le congrès des associations et mouvements militants rom adopta le Drapeau Rom comme symbole du peuple : Sur un fond vert (qui symbolise la Terre fertile) et bleu intense (le Ciel,), est posé le chakhra (roue solaire à vingt-quatre rayons, symbole de la route et de la liberté), , Il adopte le nom de Rom comme appellation officielle.
Le Conseil de l'Europe, lui, a opté pour la double dénomination «Roms/Tsiganes».
Actuellement, l’administration française associe ceux qu’elle appelle les «gens du voyage» à une autre catégorie inventée par les Etats : les «Roms migrants». Ces derniers, qui appartiennent à la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie…, des pays qui ont négocié des accords de libre circulation européens avant leur entrée complète dans l »a communauté européenne en 2012. Ils devraient bénéficier du droit communautaire européen. Mais leur statut de «Rom» prenant le pas sur leur nationalité, on ne leur accorde pas la libre circulation à laquelle ils ont pourtant droit. On crée ainsi une catégorie d'illégaux et d'indésirables.
L’état français reconnaît pour la première fois un peuple minoritaire venant d’un autre pays européen, alors qu’il ne reconnaît pas, sur son propre sol, les peuples minoritaires citoyens français (breton, basque, catalan, occitan….)
En parlant des «gens du voyage et des Roms», l’administration française crée un amalgame entre des nationaux et des étrangers, et utilise la notion de peuple rom pour globaliser et justifier la stigmatisation de ces populations.
Les Tziganes seraient originaires de l’Inde ; On n’a en fait aucune trace historique de leur présence dans ce pays, on pense que, venus du nord de l’Inde, ils sont arrivés en Grèce au IXe siècle. ; Leur langue, le romani, est certes une langue indo-européenne, elle reste l’unique représentante européenne du groupe indo-iranien. En cela elle se différencie de toutes les langues d'Europe ;
Dès le moyen age on connaît leur histoire, elle est européenne. Les Roms ou Tziganes faisaient parti de royaumes byzantins concurrents : Empire de Trebizonde ou Principauté de Morée ou d’Archaie, les uns alliés à Venise les autres à l’empereur ou à la monarchie espagnole ; A partir de la fin du Moyen Age, pour des raisons que nous connaissons mal, ils ont essaimé dans les différents pays européens.
À partir du XVIe siècle, les Tsiganes se nationalisent en s'intégrant dans les sociétés locales. Ils deviennent alors sujets des princes polonais, des rois de France etc. Une intégration si puissante que le thème bohémien aura une grande importance dans les arts et la littérature baroques de toute l'Europe. Dès le XVIIe siècle, une grande partie d'entre eux est en fait sedentarisés
En France, Dès 1666, par soucis d'éviter le vagabondage transfrontalier et par défiance pour leur utilisation par certains nobles, notamment, Louis XIV décrète que tous les Bohemiens (aujourd'hui Roms) de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l'ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens males soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux bohémiens; leurs fiefs étaient frappés de confiscation
Ils ont toujours été classés dans des catégories juridiques à part. Au début du XXe siècle, dans les années 1900-1910, les Etats européens mettent carrément en place une «politique tsigane». C'est un instrument de répression, qui se traduit par des lois de discrimination et des régimes administratifs spéciaux et collectifs. En France, la loi de 1912 institue ainsi ce que l'on appelle le «régime des Nomades» avec carnet anthropométrique
Tous les citoyens qui s’enregistre sous le statut du « régime nomade » deviennent des romanichels, qu’il soient ou nom des tziganes au sens culturel du terme
. Par la suite, la version allemande de cette politique se radicalisera encore en une politique raciale d'extermination avec l'arrivée des Nazis au pouvoir et la politique de collaboration.
L’ordonnance allemande du 4 octobre 1940 demande aux autorités française d’arrêter tous les tziganes en zone occupée. 6500 seront internés dans trente camps dont 5 en zone libre. Ils seront les derniers internés administratifs à être libérés en 1946 et seront illico recensés… dans le registre des nomades
Actuellement le Roms pâtissent de l'image négative des Roms de l'Est. Alors même qu'ils se sentent extrêmement différents et leur prêtent des mauvaises mœurs, comme la prostitution ou le vol. Eux sont français, fiers de leurs ancêtres qui ont combattu, mais ils souffrent d'être rejetés. Ils ont une réputation de voleurs ; en fait ils sont commerçants depuis des siècles et cherchent à faire des profits en vendant de la marchandise, ce qui a parfois forgé une image de roublards. La précarité a aussi conduit à de petits larcins. Mais le mouvement religieux a fortement réduit les vols.
Les Tsiganes ont trouvé du réconfort au sein des Églises ; Traditionnellement catholiques, ils se déplaçaient pour les pèlerinages. Le pentecôtisme propose, lui, des rassemblements mobiles, lors de conventions. Ces grandes manifestations de foi n’effacent pas leur angoisse. Les Tsiganes redoutent de perdre leur identité. Ils savent que leurs enfants doivent étudier, mais restent dubitatifs face à la réussite individuelle. Car ce monde privilégie le groupe. C'est aussi sa force. Les Tsiganes résistent, repliés sur leur famille. Et, leur mise à l'écart, quoique douloureuse, préserve leurs liens et leur culture.
Français
Contrairement aux idées reçues, environ 95% des gens du voyage sont Français et seulement un tiers d'entre eux sont restés itinérants. Les autres sont sédentaires ou semi sédentaires. «Tous les gens du voyage » ont un ancrage territorial qui s'accompagne de périodes de déplacement, en particulier l'été. Les voyageurs sont souvent marchands ambulants, artisans ou saisonniers.
- Sur les quelque 350.000 à 500.000 Tsiganes français, un tiers continue à voyager régulièrement. Jusque dans les années 1950, ils évoluaient surtout dans les campagnes où se trouvaient leurs clients, les paysans. Avec l'exode rural, ces Tsiganes se sont aussi rapprochés des villes. Ils vivent dans des caravanes et s'arrêtent de quinze jours à trois mois avant de repartir. Un deuxième tiers est semi-nomade. Ces familles se stabilisent à la mauvaise saison et repartent l'été. Enfin un tiers est sédentarisé. Certains, comme les Gitans catalans et andalous, le sont depuis des siècles, notamment dans le sud de la France.
Ils sont français et sont en possession d'un titre de circulation. C’est une obligation administrative.
Pour les autorités françaises, les Roms ne rentrent pas dans la catégorie des « gens du voyage ». Pour la commission nationale consultative des gens du voyage présidée par le sénateur Pierre Herisson, les «Roms» sont «des étrangers, ressortissants de l'Union européenne», qui viennent principalement de Roumanie et de Bulgarie.
La notion «gens du voyage», qui évite l'«ethnicisation», n'est utilisée qu'en France et en Belgique. Les autres Etats de l'Union et les institutions européennes emploient le mot «Roms» pour désigner l'ensemble de leurs populations tsiganes. Cette appellation, qui signifie «homme» en langue romani, s'est généralisée dans les années 70, au point de supplanter les autres termes.
Législation pour les roms
Pour exercer une activité professionnelle, les ressortissants roumains et bulgares doivent détenir un titre de séjour et une autorisation de travail. Des documents dont les délais d'obtention durent parfois plusieurs mois. Par ailleurs, le type d'emploi que les Roms peuvent occuper est limité à 150 métiers connaissant des difficultés de recrutement, du bâtiment à l'hôtellerie en passant par la pêche.
S'ils n'ont pas les documents requis, les Roms sont donc susceptibles d'être expulsés. Soit par une «obligation de quitter le territoire français», qui leur donne un mois pour partir à compter de sa notification. Soit par un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, une décision administrative imposant à un étranger en situation irrégulière de quitter la France immédiatement. Ils peuvent aussi bénéficier de «l'aide au retour humanitaire», qui leur permet de «quitter le territoire national librement et de rentrer dignement dans leur pays», selon le ministère de l'Immigration. Le ministère avance que quelque 10.000 personnes ont été reconduites en 2009 en Roumanie et en Bulgarie. Selon les estimations, près des deux tiers sont ensuite revenues.
Obligations à remplir par « les gens du voyage »
A partir de 16 ans, un membre de la communauté des gens du voyage doit être rattaché administrativement à une commune et être titulaire d'un titre de circulation. Pour l'être, il doit faire une demande motivée (pour raisons familiales ou professionnelles). Si la mairie et le préfet l'acceptent, le rattachement est prononcé pour une durée minimale de deux ans. •
La caravane n'étant pas considérée comme un logement, les gens du voyage sont classés comme des «sans résidence fixe». La loi Louis Besson de 1990, améliorée en 2000, impose aux communes de plus de 5000 habitants de réaliser pour eux des aires d'accueil. Pour obtenir un emplacement, que l'on peut conserver pendant trois à neuf mois, il faut en faire la demande en mairie.
Toutefois les places sont rares : seules 42% des aires avaient en effet été mises en place fin 2008. Ce qui, en cas de refus, contraint les demandeurs au stationnement illégal. Les terrains à usage privatif sont aussi très encadrés. Un détenteur d'un «terrain familial» doit obtenir une autorisation dès lors que le stationnement est d'une durée annuelle supérieure à trois mois. Le permis, renouvelable, est valable trois ans.
Pour accéder au droit de vote, un individu doit faire valoir un rattachement de trois ans ininterrompus. Des conditions plus strictes que celles demandées aux SDF dont on exige un délai de rattachement de six mois.
Plusieurs titres de circulation plus ou moins contraignants existent par ailleurs : le «livret spécial» pour ceux qui exercent une profession ambulante et leur famille, le «livret», pour les retraités, salariés ou chômeurs et le «carnet de circulation» pour ceux qui n'ont pas de ressources régulières. Le «livret spécial» ne s'accompagne d'aucun visa tandis que le «livret» doit être visé une fois par an par la police ou la gendarmerie. Le «carnet» impose les obligations les plus strictes. Il doit être tamponné tous les trois mois par la police ou la gendarmerie. En cas de non respect, le contrevenant risque trois mois à un an de prison.
L’Europe et les Roms
Parmi les 500 millions de citoyens européens, environ 10 millions sont des Roms. Bien que la situation de cette communauté pose des problèmes spécifiques d'intégration, reconnus par les institutions de l'Union européenne, celle-ci peine à se doter d'une politique commune. Chacun des vingt-sept pays partenaires compose donc sa propre politique, allant de la fermeté à des politiques favorisant l'intégration.
l'Espagne est le pays qui accueille la plus forte communauté rom, ou gitane (800.000, selon l'estimation haute). Au printemps, le gouvernement a adopté un «plan d'action pour le développement de la population gitane 2010-2012». Doté d'un budget de 107 millions d'euros sur trois ans, il prévoit des actions en matière d'éducation, de santé, de logement, ainsi qu'en faveur des femmes.
En Italie, les Roms, ou «Sintis» (estimés à 150.000), sont régulièrement au centre de débats sur l'immigration et la sécurité. En 2008, un an après une vague de violence anti-Roms, l'Italie avait commencé à ficher les habitants de camps de nomades, en relevant notamment leurs empreintes digitales.aujourd’hui les Sintis sont régulièrement exclus de leurs domicile.
Comme Paris, Rome propose des aides au retour pour les Roms en situation irrégulière (billet d'avion, indemnité de voyage de 400 euros et pécule de 3000 euros maximum pour la réintégration dans le pays d'origine). Le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, membre du parti xénophobe Ligue du Nord, veut demander à Bruxelles la permission d'étendre la procédure d'expulsion aux Roms qui sont citoyens européens mais qui ne satisfont pas à certaines «exigences». «Avoir un revenu minimum, un logement adéquat et ne pas être un fardeau pour le système social du pays d'accueil
L'Allemagne reconnaît officiellement la minorité des Roms de nationalité allemande. La plupart des autres Roms sont des réfugiés ayant fui la guerre au Kosovo. Berlin les encourage, comme tous les Kosovars réfugiés, à rentrer chez eux avec des aides au retour. Quelque 10.000 Roms ne disposant pas d'autorisation de séjour formelle doivent ainsi être renvoyés «par étapes», a annoncé le gouvernement. Reste que selon un rapport de l'Unicef, 38% des Roms renvoyés d'Allemagne sont apatrides, ce que plusieurs conventions internationales interdisent.
En Grande-Bretagne, on recense au maximum 200.000 Roms, aussi appelés «Gypsies». Parmi les promesses de campagne du parti conservateur, arrivé au pouvoir en mais dernier, figurait le renforcement de la législation contre les occupations illégales de terrains. En projet notamment, la création d'un nouveau délit qui permettrait aux policiers d'arrêter ceux qui refusent d'évacuer les terrains qu'ils occupent illégalement.
La Hongrie - pays voisin de la Roumanie, dont sont issus la plupart de Roms expulsés par les autres pays européens - compte environ 600.000 Roms. En 2009, 40% des jeunes Roms hongrois n'avaient pas achevé l'enseignement primaire. L'an dernier, le gouvernement a décidé de tripler le budget prévu pour reloger ceux qui vivent dans des bidonvilles et favoriser leur intégration dans la fonction publique. Mais avec la crise économique, Budapest a révisé ses plans et réduit les embauches prévues. Depuis que le parti d'extrême-droite Jobbik est devenu en avril dernier la troisième force politique du pays, les Roms sont de nouveau un sujet de débat national en Hongrie. Le Jobbik qui désigne les Roms, les Juifs et le libéralisme comme cause de tous les problèmes propose notamment de modifier le système d'allocations familiales pour ne pas «financer la fécondité rom», et de créer une gendarmerie dévolue aux «problèmes roms».
En République tchèque, où la minorité rom est estimée à 250.000 personnes, plusieurs attaques d'extrémistes de droite ont été enregistrées à leur encontre ces dernières années. Il y a deux ans, le pays a été condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour le placement forcé d'enfants roms dans des écoles spéciales destinées aux handicapés mentaux. À la mi-mars 2010, le gouvernement tchèque a adopté un «plan national d'action» visant à encourager la scolarisation des enfants roms avec les autres.
. En Roumanie, l'été dernier, plusieurs maisons appartenant à des Roms ont été saccagées ou incendiées.
La Slovaquie est également régulièrement pointée du doigt pour des discriminations envers les populations roms.
- Il n'y a pas de politique européenne d'intégration en tant que telle, tout simplement parce qu'il n'y a pas de compétence européenne sur l'intégration. La Commission avait bien tenté, en 1985, de proposer des mesures sur ce sujet, par exemple l'amélioration de l'accès aux droits des résidents étrangers. Mais plusieurs États - dont la France - ont alors immédiatement saisi la Cour européenne de justice pour garder leur compétence sur cette question. Celle-ci leur a donné raison: l'intégration est une compétence nationale. Pour qu'elle devienne européenne, il faudrait une révision des traités.
La Commission, quand elle a été sollicitée en 2008 par le Parlement européen sur la question de l'intégration des Roms, a répondu à raison qu'il existait déjà des outils, législatifs et financiers, pour agir.
D'abord, depuis l'adoption en 1997 de l'article 13 du traité d'Amsterdam, les États-membres ont l'obligation de prendre des mesures contre les discriminations raciales. Quand ils ne le font pas, l'Europe peut simplement les rappeler à l'ordre.
Sur le plan financier ensuite, Bruxelles peut débloquer des fonds pour des projets ponctuels en faveur des Roms : c'est ce qu'elle a fait depuis 2008, notamment en matière d'éducation. Enfin, elle rend compte dans ses rapports des progrès réalisés. L'Europe remplit donc sa part du travail mais la mise en œuvre concrète de ces politiques revient aux États. C'est une affaire de volonté politique de leur part.
Une directive européenne de 2000 oblige les États-membres à créer une instance de lutte contre les discriminations, manière de décentraliser les droits de l'homme. En France, c'est la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) qui est chargée d'appliquer ce droit européen : elle n'a fait aucun communiqué sur la question des Roms cet été. Est-ce parce que sa présidente, Jeannette Bougrab, est marquée politiquement ? En tout cas,la seule reaction de la Halde date du 2 septembre Mme jeannette Bougrad a déclaré ne pas être "choquée par l'application de la loi" en France pour la reconduite des Roms aux frontières
Victimes de violences et de discriminations dans l'Europe d'aujourd'hui.
D'après l'agence de l'UE pour les droits fondamentaux, 2009 a été «une année d'échec» dans la lutte contre la discrimination à l'égard des Roms. 25% d'entre eux ont été victimes, selon elle, d'agressions, de menaces ou de harcèlement. En janvier 2008, le parlement européen avait pourtant adopté une résolution réclamant une stratégie européenne à l'égard des Tsiganes/Roms. Mais Belen Sanchez Rubio, porte-parole de la Coalition pour une politique européenne pour la population gitane, relevait en avril dernier des «résistances» et «peu d'avancées» depuis cette résolution.
En juin dernier, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a souligné que les Roms sont devenus en Europe les «boucs émissaires» de la crise économique, une situation qui «rappelle les heures les plus sombres de l'histoire européenne». Au debut du mois, l’europe a encore condamné la politique française vis-à-vis des roms
Ce qui se passe dans notre pays où il y a environ 500 000 Roms, français pour la plus part, et environ 15 000 émigrés récents de pays européens, illustre bien cette prise de position.
Comment se fait il qu'un pays comme la France ne puisse pas gérer humainement une population de 15000 personne qui soit disant fait problème.
Les réactions de certains hommes politiques quand les élections arrivent sont parfois bien nauséabonde
Eve RESSAIRE septembre 2010
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